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Rapide et facile, alors c’est forcément nul!

Rapide et facile…repas rapide

Avez vous aussi déjà entendu une phrase dans le genre de celle-ci: « si c’est rapide et facile, c’est forcément nul »? Etes vous aussi de cet avis? Non, j’espère, car aujourd’hui, cuisiner facilement et rapidement, c’est possible…et même recommandé 🙂

D’après cette idée reçue, faire un repas en peu de temps à l’aide d’une recette rapide et facile reviendrait à dire que l’on ne fait pas de la bonne vraie cuisine. Qu’est ce que c’est que cette façon de penser complètement rétrograde, que si quelque chose est simple, rapide et facile à faire, ça ne peut pas être bon? Le pire c’est que ce ne sont pas que des « anciens » qui parlent comme  cela!

Rapide et facile, c’est forcément moins bien.

De temps en temps, j’entends cette phrase ou je la lis sur la toile et elle me hérisse. C’est comme si on me disait que seul le linge lavé pendant des heures au lavoir à la force des bras est vraiment plus propre qu’à la machine…

rapide et facile
Convivial, certes…

ou que si un roman n’est pas écrit à la main avec une plume, il ne sera pas aussi bon, donc pas digne d’être présenté à ses lecteurs.

rapide et facileC’est vraiment n’importe quoi, avouez-le. Alors pourquoi ne serait-ce pas pareil pour la cuisine?

Les temps ont changé

Ce ne sont ni le temps passé, ni la difficulté d’exécution qui font la véritable valeur d’un plat, mais la qualité d’un produit et la bonne manière de le concocter. Non et re-non, ni le temps passé, ni la difficulté d’exécution ne rentrent en ligne de compte dans les paramètres de la réussite gustative du résultat obtenu. C’est comme ça. Alors arrêtez de vous excuser, si vous faites de délicieux plats sains en peu de temps.

« Oh, ce n’est pas grand chose, c’est du vite fait… »

rapide et facile
labourage à l’ancienne

Autrefois, les gens travaillaient dans les champs et ne revenaient que le soir. Le travail était dur et prenait beaucoup de temps.  Les aliments étaient tous mis le matin dans un même faitout et cuisaient sur le coin du poêle jusqu’à leur retour. C’était une nécessité. Il n’y avait pas la variété d’épices que nous connaissons aujourd’hui venant des quatre coins du monde. On devait donc ajouter des goûts forts (viande, ail, laurier, oignon) pour compenser l’interminable cuisson qui tuait toute substance vitale, je parle des vitamines, bien sûr. On ne connaissait d’ailleurs pas la grande importance des vitamines. Les gens ne devenaient pas très vieux car ils étaient souvent en mauvaise santé, en état de carence.

Les boeufs et les hommes faisaient ensemble en une journée ce qu’un tracteur  fait aujourd’hui en deux heures. La terre était elle mieux travaillée à l’époque qu’aujourd’hui avec les machines? Je n’y connais rien, mais cela m’étonnerait.

rapide et facile
Un tracteur fait en deux heures le travail de toute une journée d’autrefois

La bonne cuisine, ça prend du temps

La “vraie cuisine”, il faut y passer des heures, sinon, ce n’est pas de la bonne cuisine. Hein??? Mais pourquoi???? En quoi est ce que c’est une vérité? C’est un peu maso non? Eh, les amis, on est au 21ème siècle! On a l’électricité, les outils modernes, le commerce en ligne, des marchés bios, on peut tout se procurer partout et tout le temps! Aujourd’hui, on a la possibilité de faire rapide et facile ET délicieux!

On n’en est donc plus au temps où les plats mijotaient des heures sur le coin du poêle avec l’absolue garantie de ne plus avoir une seule vitamine restante dedans! Le progrès nous a fait comprendre que lorsque les aliments sont cuits moins longtemps, ils sont forcément plus sains. Vive le “encore un peu croquant” plein de goût et de vitalité. Du coup, le temps de cuisson est réduit, logique. Le mijoté, franchement, c’est d’une autre époque, il faut vivre (sainement) avec son temps!

Oui, mais tous ces légumes à couper, c’est long!

Ah, mais on veut peut-être parler de ces  montagnes de légumes différents à couper en petits morceaux pour avoir un plat digne de ce nom? En julienne par exemple? Ah oui, c’est long de couper toutes ces petites lamelles de julienne.

rapide et facile
le couteau à julienne à 2 balles…qui fonctionne.

Allons, c’est une blague hein? Objection votre honneur. Pour quelques euros, on peut  se procurer un couteau à julienne qui fait en un éclair et sans effort démesuré, plusieurs lamelles à la fois à chaque passage.  De plus, un plat très raffiné peut ne comporter qu’un seul légume délicatement assaisonné accompagné d’une bonne source de protéine (tofu, tempeh, galettes de lentilles, steaks de fromage, etc…).

Un p’tit air de mandoline

Pour les petits cubes, il y a des mandolines très performantes  ou des coupe-frites très pratiques.

rapide et facile
coupe frite pour faire des cubes

Et ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. Faire la cuisine est devenu rapide et facile!

On ne doit plus moudre les fruits secs ou passer la soupe au moulin à légumes à manivelle quand les mixeurs font ça cent fois plus vite et encore mieux que nous, si?

Et on n’est plus obligé de mettre 20 ingrédients dans un plat pour qu’il ait goût de quelque chose, quand trois ou quatre bien choisis suffisent pour en faire une merveille! Trop de cuisson tue le gout et trop d’ingrédients sèment la confusion et enlèvent de sa « pureté » au plat.

Pourquoi se casser la tête à faire des préparations en dix étapes avec des temps d’attente interminables alors qu’on pourrait faire la même chose en 1 heure en utilisant quelques trucs et son intelligence ( par exemple, la pâte feuilletée)? je n’en peux plus d’entendre ces réflexions de belles-mères ( pas la mienne heureusement) depuis des années.

Bien sûr que oui, on peut faire sain et rapide. Bien sûr qu’on peut faire rapide et facile, sain et bon dans tous les sens du terme. Au contraire! Il n’y a aucune incompatibilité. On n’est plus au moyen âge!

Pourquoi faire en 2 jours ce qu’on fait aussi bien en une heure?

On peut faire mariner du tofu ( c’est juste un exemple) en 24 heures dans le frigo. On obtiendra un tofu bien mariné, c’est vrai. Cependant, on peut obtenir exactement le même résultat, et même mieux, je  l’affirme, en faisant cuire le tofu doucement directement dans sa marinade et le déguster tout prêt et merveilleusement parfumé une demie heure plus tard. C’est rapide et facile, mais en quoi est-ce moins bien? C’est probablement une déformation de l’idée que, pour un humain, le BON ne peut venir que de la patience et de la souffrance. Vieille idée bien ancrée dans les esprits et largement transportée par les diverses religions, d’ailleurs…mais là n’est pas le propos.

Rapide et facile, bon et sain

Moi, en tout cas, je suis d’avis que la vie est trop courte pour la passer à cuisiner compliqué, et la santé un bien trop précieux pour ne pas y attacher d’importance dans son alimentation. Et ce n’est pas parce qu’on est végétarien ou végétalien qu’on doit s’auto-flageller avec des recettes dont la liste des ingrédients donne le tournis, et dont les préparations  peuvent prendre des heures…pour être mangées en quelques minutes. De temps en temps, on peut faire une exception. Peut-être pour tenter une expérience ou avoir un moment convivial en famille. C’est sympa aussi de cuisiner ensemble en discutant. Mais de là à en faire une règle quotidienne!

Un petit exemple

Un bol de quinoa par exemple agrémenté de quelques noix, d’une ou deux dattes et d’un (ou plusieurs selon les envies et le contenu du frigo) légume cru (poivron, courgette, tomate, carotte râpée, champignons de Paris, salade verte, etc…) assaisonné d’une bonne vinaigrette font une bonne salade ou un petit repas (pour le bureau par exemple) cent fois plus sain, raffiné et vitaminé et minéralisé que le sandwich du bistrot du coin ou le plat cuit (peut-être trop longtemps) depuis le matin et réchauffé au micro-ondes du petit resto d’à côté.

On peut préparer  tous les éléments à l’avance et assembler selon ses envies au dernier moment. C’est fait en rien de temps. Ainsi, le lendemain, on remplace le quinoa par du riz ou des lentilles et/ou on change de légume. Le quinoa nature, le riz nature ou les lentilles se conservent quelques jours au frigo. On peut en faire pour 2 fois et alterner et déguster chaud ou froid.

1 crème de base = 4 desserts minimum

Un dessert? Une bonne crème à la vanille sans oeufs, par exemple, peut se faire pour facilement  trois ou quatre jours. Le lendemain, on y ajoute un fruit frais en morceau ou en purée (framboises, banane,mangue, pomme, poire, figue, cerise…ce qui est de saison), le surlendemain une cuillerée de cacao et une de poudre de noisettes pour avoir de la crème au chocolat , et le quatrième jour, un yaourt (végétal ou pas)  une pincée de cannelle et quelques miettes de biscuits (par exemple spéculoos) croustillants sur le dessus. Une préparation, quatre desserts différents, et il y a plein d’autres alternatives. Est-ce moins sain ou moins goûteux pour autant?

Là, mes exemples étaient tout bêtes, mais cela peut s’appliquer à toutes sortes de plats .Il est donc tout à fait possible de faire de la cuisine rapide et facile aux goûts les plus variés et les plus raffinés. Une bonne combinaison des ingrédients est plus importante qu’une grande quantité se gênant les uns les autres.

La tendance nous donne raison

Dans les restaurants étoilés, on sert de plus en plus des plats simples et épurés magnifiquement assaisonnés et préparés en quelques minutes. Chez eux, on multiplie les douceurs dans uns seule assiette. C’est ce qui fait le luxe, mais chaque plat pris individuellement est rapide et facile, simple, sain et bon. C’est la tendance. Voilà  bien la preuve que si c’est rapide, c’est aussi frais et bon.

Eh bien, c’est dit. Donc, arrêtez de penser ou de laisser dire que pour faire un vrai plat, il faut trois plombes et une liste interminable d’ingrédients plus exotiques les uns que les autres. Quand on est végétarien, c’est vrai qu’on a dans ses placards des choses un peu « spéciales » parfois, si on veut y mettre de l’originalité et de la diversité. Cependant, cela reste dans le cadre du raisonnable. Les non végétariens doivent aussi se dépatouiller avec des dizaines de sortes de poissons et autres animaux, donc, nous nous en sortons plutôt bien, je trouve.

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